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Éditorial : Quand le 7ème Art devient le vecteur d’un nouvel antisémitisme

Sous couvert de culture et d’engagement, le cinéma contemporain semble parfois délaisser le récit pour la propagande.
Entre réécriture de l’histoire et omissions volontaires, enquête sur une tendance où l’écran sert de miroir à une haine ancestrale. Par la Rédaction

Le cinéma, traditionnellement vecteur d’émotion et de vérité, semble franchir une nouvelle frontière. Derrière les projecteurs et les tapis rouges, une dérive inquiétante se dessine : celle d’un « engagement culturel » qui flirte de plus en plus ouvertement avec l’antisémitisme. Aujourd’hui, certaines œuvres, honorées dans les festivals, s’apparentent davantage à des outils de propagande qu’à des fictions cinématographiques.

L’art de l’omission historique

Le scénario est souvent rodé : une mise en scène hollywoodienne dépeignant la souffrance d’un peuple, tout en occultant soigneusement les racines du conflit. Dans ces récits, la mémoire est sélective. On oublie les pogroms antisémites antérieurs à 1948, tout comme on occulte la présence millénaire des populations juives sur cette terre.

Le contraste est frappant lorsque l’on observe les figures historiques. Tandis que des héros israéliens comme Moshé Dayan sont nés sur cette terre, d’autres figures de la cause adverse, tel Yasser Arafat, voyaient le jour au Caire. De même, la réalité historique de 1948 — où Israël acceptait un partage territorial refusé par les nations arabes voisines — est balayée au profit d’un récit révisé. Cette réécriture vise un objectif précis : transformer le départ temporaire de populations, encouragé par les pays arabes de l’époque, en un « mythe du réfugié » permanent.

De la militance au terrorisme : le poids des mots

Cette distorsion ne s’arrête pas aux fictions d’aujourd’hui ; elle s’attaque aussi au passé. On se souvient du détournement du vol Paris-Nice en 1973 par une femme cherchant à faire interdire la sortie du film « Les Aventures de Rabbi Jacob » , film prônant pourtant le vivre-ensemble. Il est frappant de constater qu’aujourd’hui, certains médias, à l’instar de Nice Matin, n’hésitent pas à qualifier cette terroriste de « militante » ou à évoquer son « destin tragique ».

Si cette inversion des valeurs perdure, quel sera le cinéma de demain ? Verra-t-on des œuvres encenser ceux qui s’opposèrent à Charlie Hebdo ou ceux qui ont frappé le Bataclan ? Ira-t-on jusqu’à mettre en scène, sous la plume de figures comme Rima Hassan, un récit justifiant l’injustifiable face à la mémoire de Samuel Paty ?

Une obsession mondiale

Comme l’affirmait Albert Camus : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde ». Alors que l’Europe vacille, que le peuple iranien subit le joug islamiste, que le Liban s’effondre et que les Ouïghours subissent un génocide, l’obsession internationale reste braquée sur l’État hébreu.

Force est de constater qu’au-delà de la compassion ou de la justice, c’est un sentiment bien plus sombre qui semble guider ces indignations sélectives : la haine du Juif. Une haine qui sert de moteur à une machine médiatico-culturelle prête à travestir les faits pour nourrir son idéologie.

Source : D.H

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