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LE SALAIRE DE LA HONTE

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Le 12 septembre 2026, les cinéastes Rachel Szor et Yuval Abraham ont reçu un prix spécial du jury à la Mostra de Venise pour un film de propagande à charge contre l’État d’Israël. Une démarche antisémite qui dépasse les espérances du groupe terroriste Hamas, ce dernier s’appuyant sur cette “œuvre” pour imposer sa vision du conflit. Au-delà du sentiment de trahison, il convient d’analyser comment un tel non-événement a pu acquérir une telle portée.

  1. Qui sont ces « réalisateurs » ?
    Érigés au rang de réalisateurs depuis la diffusion de ce pamphlet, ces deux individus se sont fait connaître sur les réseaux sociaux par leurs attaques répétées contre l’armée israélienne. Pour quiconque cherche à se vendre, la stratégie est rodée : flatter une audience déjà acquise à ces thèses — de la France insoumise aux cercles militants — ne demande guère de talent.
  1. La Mostra de Venise : un lourd héritage instrumental

    Créée en 1932 sous le régime fasciste de Benito Mussolini, la Mostra n’a jamais été un sanctuaire neutre. Dès son origine, elle a servi de vitrine culturelle aux régimes autoritaires, le pouvoir d’alors y imposant une censure stricte et valorisant les récits célébrant le militarisme et l’expansionnisme.

    Dans les années 1940, sous l’emprise directe des forces de l’Axe, le festival bascule dans la propagande explicite. En 1940, la Mostra projette et félicite le film Le Juif Süss (Jud Süß) de Veit Harlan, une commande directe de Joseph Goebbels conçue pour stimuler la haine antijuive et justifier l’idéologie raciale du IIIᵉ Reich.

    Si le festival a cherché après-guerre à se réinventer en temple du cinéma d’auteur et de l’engagement progressiste, cette mue n’a fait que déplacer les idéologies dominantes. En célébrant aujourd’hui sous couvert de « neutralité artistique » des productions ouvertement partisanes, Venise renouvelle, sous d’autres formes, sa tradition historique : prêter sa tribune au militantisme politique le plus aveugle et offrir un vernis culturel à des discours d’exclusion.

    À la lumière de cet héritage, la rencontre entre ces « cinéastes » et ce festival prend une résonance tragiquement familière.

  1. Témoignages anonymes et liaisons dangereuses
    L’œuvre repose sur une série de témoignages anonymes, dépourvus de sources vérifiables. Cela n’a pourtant pas empêché une partie des médias occidentaux de relayer ces affirmations sans le moindre recul critique. Dès lors qu’Israël se retrouve sur le banc des accusés, la rigueur journalistique s’efface. Par ailleurs, les révélations du journaliste Eitan Fischberger soulignent que Yuval Abraham entretiendrait un partenariat étroit avec Ahmed Alnaouq, cadre d’une organisation identifiée par Israël comme une vitrine du Hamas en Europe. Un volet qui éclaire d’un jour nouveau les motivations réelles d’un cinéaste décrié au sein même de son pays.
  1. Les bénéfices de la provocation
    Sur le plan du profit, la récompense n’a pas tardé. Ces deux figures bénéficient d’une visibilité qu’un travail intègre ne leur aurait jamais offerte. Prochainement invités sur les plateaux de télévision ou futurs auteurs d’autobiographies, ils poursuivent leur quête de notoriété. Sur le plan financier, les mécènes ne manqueront pas pour financer leurs prochains projets. Il faut reconnaître au Hamas un certain succès tactique : Goebbels lui-même n’était pas parvenu à associer des figures juives à sa propre entreprise de propagande..
  1. Le prix de la trahison
    La comparaison entre une distinction honorant un travail rigoureux et un prix décerné à une supercherie met en évidence le fossé éthique qui sépare ces démarches. Il reste à espérer que les intéressés prennent conscience du coût de ces applaudissements généralisés par les réseaux antisémites à travers le monde.

 

En Israël, des voix s’élèvent pour réclamer leur déchéance de nationalité ; certains leur souhaitent désormais de s’installer librement à Gaza auprès de leurs nouveaux alliés où ils goûteront sans doute à la même hospitalité que celle réservée aux otages du 7 octobre.

D.H


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