La CGT contre le Concert de l’orchestre philharmonique d’Israël – Décryptage
novembre 16, 2025071
Quatre personnes ont été placées en garde à vue au lendemain d’incidents qualifiés de « graves » par la Philharmonie de Paris. Invité de RTL, le secrétaire général de la CGT Spectacle, Ghislain Gauthier, pointe la responsabilité de Rachida Dati dans le maintien de la programmation de l’orchestre israélien.
La mise en cause publique de Rachida Dati par la CGT Spectacle, au lendemain des incidents « graves » ayant perturbé le concert de l’orchestre philharmonique d’Israël à la Philharmonie de Paris, soulève de lourdes questions sur la responsabilité morale du syndicat. Ghislain Gauthier, son secrétaire général, a jugé « inadmissible » le maintien du concert, allant jusqu’à reprocher au ministère de la Culture d’avoir assumé la programmation malgré ce qu’il décrit comme un « malaise » chez certains militants.
Or, dans ses déclarations, Gauthier reconnaît explicitement que la CGT avait eu vent d’« actions militantes » susceptibles de viser l’événement. Plutôt que de condamner fermement la perspective d’une attaque contre un public venu écouter un orchestre, il met l’accent sur le fait d’avoir « prévenu » les autorités — comme si l’existence de menaces devait conduire à annuler un spectacle plutôt qu’à défendre la liberté artistique et la sécurité des spectateurs.
Cette logique revient, de fait, à accepter que la pression de groupes militants déterminés puisse dicter l’agenda culturel, même au prix de mettre en danger un public innocent. Une conception pour le moins préoccupante du rôle d’un syndicat censé défendre le spectacle vivant.
En invoquant en outre le contexte international — allant jusqu’à évoquer un génocide imaginaire à Gaza — pour justifier l’idée que le concert ne devait pas se tenir, la CGT donne l’impression d’aligner son discours sur des positions militantes radicales, au lieu de condamner clairement des actions susceptibles de troubler l’ordre public et de mettre des civils en danger.
Ce glissement pose une question plus large : comment un syndicat historique, qui se réclame de valeurs humanistes, peut-il en venir à privilégier la logique de l’intimidation militante au détriment de la protection du public et du pluralisme culturel ? L’histoire a déjà montré combien certaines organisations peuvent perdre de vue leurs principes lorsque le contexte politique se durcit, notamment si on considère les alignements politiques de ce même organisme durant la deuxième guerre mondiale (La CGT aux heures sombres…).
Sans faire de parallèle intentionnel, l’épisode rappelle que les dérives idéologiques naissent souvent d’une suite de renoncements pratiques et de justifications successives.